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Compte rendu de la tentative d'ascension du Koskulak (7028m) en Chine par L Lagoutte
Bonsoir à tous,
Nous sommes maintenant revenu de Chine depuis le 15 juillet où nous avons
tenté la première française du Koskulak (7028m) ... tentative qui aura
échouée car Rémi a été victime d'un oedeme cerebral assez foudroyant ...
L'aventure a démarré par la perte d'un de nos sacs en arrivant à Bishkek
au Kirghizstan ... mais qui a été retrouvé par la suite et transféré en
Chine (nous avions à l'intérieur un parapente, 2 tentes d'altitude, les
gore tex.... ).
Après 2 jours de 4 x 4, nous arrivons en Chine à Kashgar pour repartir le
lendemain pour un plateau désertique sous le camp de base à 4400m. Après
une nuit correcte (prendre 3000m de deniv dans la journée, même en bus,
secoue un peu la tête) et qques grammes d'aspirine, nous montons le
lendemain au CB à 4650m.
Journée de repos classique au CB à boire, dormir, manger, faire qques
repérages à la jumelle sur la nouvelle voie que nous avions repéré. Remi
s'est couché vers 22h00 en parfait état physique et mental.
A 10h00, le lendemain matin, ne le voyant pas arriver au petit dejeuner,
je vais sous sa tente pour le trouver en plein délirium (plus capable de
parler correctement, plus capable de marcher). La décision de le
redescendre est intantanée.
Le temps de trouver un berger avec un âne, voici Rémi prêt à redescendre
vers 12h00.
Il est à 4400m vers 13h30 et sombre dans le coma à 14h30. Médicalisé avec
Diamox, corticoïdes sur place, il faut continuer à redescendre et vite.
Allongé sur une cariole en bois tirée par un âne et 2 bergers Tadjiks (un
campement local), j'ai redescendu Rémi jusqu'à une piste où nous avons pu
arrêter un 4 x4 pour redescendre rapidement vers Kashgar où nous
arriverons après qques péripéties vers 23h30.
Après un test à l'hopital de Kashgar ... j'opte plutôt pour faire reposer
Rémi à l'hotel car l'hopital est un peu "moyen ageux" ... et l'évacuation
a été déclenchée derrière via Paris.
Grâce au téléphone satelitte et à une grosse pharma emmenée avec nous,
j'ai pu gérer Rémi à Kashgar en attendant l'arrivée du médecin d'intermutuelle
assistance.
Nous étions le 09 juillet ... date historique et sympathique quand on
pense au football !!
Après 48h00, Rémi a retrouvé 100% de ses capacités motrices et a souffert
jusqu'en France de qques troubles de la mémoire immédiate.
Une fois Rémi stabilisé à Kashgar et l'évacuation déclenchée, je suis
remonté au CB pour voir si le sommet était encore réalisable et pour
récupérer également l'ensemble du matériel.
Nos tentes ont été visitées durant notre absence et du métériel a décidé
d'aller se promener qque part ... nous ne saurons pas. Je suis monté le
lendemain à 5400m seul (car les 5 Danois qui nous accompagnaient avaient 3
jours d'acclim d'avance sur moi) et, après être passé 3 fois à travers des
ponts de neige et raté 2 décos en parapente, la décision était prise de
redescendre sagement jusqu'à Kashgar.
Expédition's over !!
Une fois de retour à Kashgar, Rémi n'était toujours pas évacué et partait
le lendemain. Dans la hâte, intermutuelle assistance a géré mon évacuation
et nous sommes arrivés à Paris le 15 juillet.
Le Koskulak n'aura pas été fait non plus par nos amis danois car trop de
neige (tempête de neige pendant 5 jours depuis mon départ du CB) et gros
risques d'avalanches. Ils auront eu le temps d'ouvrir un sommet vierge de
6500m situé non loin du Koskulak.
Aujourd'hui, Rémi continue de passer des examens sur Grenoble pour essayer
de comprendre les causes d'un oedème aussi rapide et pour évaluer ses
capacités en haute altitude pour le futur.
Lorsque nous avons présenté le dossier pour obtenir l'agrément auprès de
la FFME, Jean Claude Marmier m'a mis en garde sur les difficultés d'une
rescue dans ces coins reculés et non ouverts encore totalement à
l'alpinisme ... il avait raison.
Le prix de la vie n'a pas le même sens que chez nous et le pays n'est pas
structuré aujourd'hui avec des hélicoptères (comme nous avions pu le
contater l'an dernier au Pakistan), ce qui veut dire que l'on ne peut
compter que sur soi même.
Pour des raisons d'éthique perso, c'est la première fois que j'organise
une expédition avec téléphone satelitte + une grosse pharma + des médecins
spécialistes de la haute altitude en France prêts à intervenir au
téléphone pour nous aider.
La morale de l'histoire : bien nous en a pris et je conseille à toutes les
expés futures de bien se préparer à ce genre de crise. Cela n'arrive pas
qu'aux autres et cela peut arriver différemment de ce qu'il y a écrit dans
les livres. Nous en garderons un excellent souvenir, même si le sommet n'a
pas été fait, car ce fut une aventure humaine riche et dans un cadre
sompteux.
Nous tenons à vous remercier tous pour le soutien que vous nous avez
apporté durant la préparation de cette expédition.
Nous vous ferons passer un CD des qques photos prises et vous donnons RDV
pour de nouvelles aventures dans qques mois. Nous sommes déjà en train de
travailler sur d'autres projets ... merci.
cdt,
L. Lagoutte
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